03.06.2008
BAYROU....L'AVENIR !
François Bayrou a improvisé un véritable discours de politique générale au cours de la réunion des démocrates des Pyrénées-Atlantiques qui s’est tenue vendredi dernier à Salies-de-Béarn. Devant environ 400 militants basques et béarnais, auxquels s’étaient joints quelques adhérents des départements voisins, notre leader national a posé quelques fondations pour le projet démocrate que nous allons construire ensemble.
Morceaux choisis :
La situation de la France est préoccupante. Les promesses de Nicolas Sarkozy étaient « intenables » et « fallacieuses ». Les querelles au sein du Gouvernement sont nombreuses. Du côté du PS, ils en sont à chercher qui est le plus libéral d’entre eux ! C’est l’Elysée et le pouvoir qui font monter Olivier Besancenot.
Aujourd’hui, il n’y a qu’un mouvement capable de renouveler les choses : le nôtre.
Ce ne sera pas facile avec un pétrole à 130 $, avec les conséquences de l’effet de serre, avec les émeutes de la faim, avec la crise du crédit, avec les difficultés du commerce extérieur, du chômage, du niveau de vie...
Il faut réfléchir sur un projet différent, non résumable à la recherche de profit. François Bayrou est très étonné lorsque, devant les caméras de la télévision, Nicolas Sarkozy affirme : « je crois au capitalisme ». Nous croyons à autre chose. Est-ce que dans la mondialisation on est obligé de suivre le modèle américain dominant ? Si notre réponse est la même que celle des autres, nous ne sommes pas utiles.
Face au constat : de la croissance continue des inégalités, d’une politique fondée sur la communication, d’un RSA payé sur la prime pour l’emploi ou des franchises médicales qui font payer la recherche par les malades, d’une politique toujours plus atlantiste...
Il faut se poser quatre questions : Comment fait-on une société créative, sans inégalité croissante ? Comment fait-on une société durable ? pour l’environnement, pour la dette ! Comment fait-on une société humaniste, où ce sont les humains qui comptent ? Comment fait-on une société équilibrée, au niveau mondial ? Une société créative, durable, humaniste, équilibrée
Les ménages, comme les chefs d’entreprise, sont inquiets. Beaucoup sont dans une situation de mal-être.
Nous devons mettre en place un projet, parce que nous sommes libres, parce que nous sommes indépendants. Nous allons mettre en place des groupes de travail, par circonscription, voire par canton, pour travailler sur ce projet.
Séance de questions et réponses :
A propos des paradis fiscaux, François Bayrou a déploré que 40% des transactions financières mondiales passent par leur intermédiaire.
S’agissant de la loi sur la grande distribution, il a affirmé que les ententes entre les grandes centrales sont inacceptables et que la libération complète pour les surfaces de moins de 1 000 m² faisait courir un grand risque pour le commerce des centres-villes.
Sur la décision du tribunal de Lille d’annuler un mariage pour non-virginité de l’épouse, François Bayrou rappelle qu’il est croyant et défenseur de la laïcité et que la progression des intégrismes est fatale si nous n’y prenons pas garde. Cette décision de justice mélange la loi religieuse et la loi civile. Au bout du chemin, il y a risque d’affrontement entre les communautés.
Concernant les petites entreprises, il faut des lois spécifiques et les laisser respirer. Nous devons veiller à la qualité du tissu économique français.
A propos des 35 heures, notre leader rappelle qu’il a toujours considéré que c’était un choix mal inspiré. Il est perplexe sur la politique actuelle du Gouvernement. Il ajoute que même la Présidente du MEDEF a fait un communiqué pour soutenir la CGT et la CFDT ! Il faut pouvoir expliquer aux gens, où l'on va.
A la question sur l’aptitude de Nicolas Sarkozy à diriger la France, François Bayrou a d’abord répondu par un long silence ! Puis il a utilisé une comparaison savoureuse : « C’est un homme qui a un moteur avec de fortes accélérations. Simplement, ce qui cloche, c’est le volant. Sait-il lui-même où il va ? ».
Ensuite, notre leader a décrit les constantes de Nicolas Sarkozy : Une fascination pour la puissance, qu’elle soit financière, américaine ou chinoise. Une tendance enfantine et puérile à se trouver infiniment supérieur à de Gaule, Mitterrand ou Chirac. Une incapacité fondamentale à penser aux conséquences de ses actes.
« S’il jouait aux échecs, Nicolas Sarkozy serait le seul joueur qui ne pense que sur un coup ! »
S’agissant des institutions, notre Président votera contre la réforme. Il pense que le manque de fidélité des hommes politiques vient des faiblesses humaines, mais aussi de nos institutions. Il doute de l’efficacité des mesures comme le veto qui requiert 65% des parlementaires ou comme le référendum d’initiative populaire qui nécessitent 4 800 000 signatures d’électeurs dûment identifiés et l’aval de 184 parlementaires !
François Bayrou cite la définition de la Ve République de Jean-Pierre Soisson : « Un Chef de l’Etat et un Parlement séparés, encadrant un Gouvernement issu du premier et responsable devant le second ».
L’ennui, ajoute notre leader, est que la séparation n’existe plus !
A propos de l’inégalité croissante François Bayrou insiste sur la nécessité de lutter contre le dumping fiscal et s’interroge sur l’opportunité de décorer des individus qui sont domiciliés à l’étranger pour des raisons fiscales.
Les principes et objectifs de Nicolas Sarkozy et de Silvio Berlusconi sont les mêmes et cela est dangereux pour l’Europe.
S’agissant de sa relative absence dans les médias, le Président du Mouvement Démocrate déclare : « Il faut laisser reposer l’eau, il faut laisser l’eau se clarifier. Il n’y a rien de plus éloquent que la réalité ! Je ne veux pas être tout le temps sur les écrans, car ça use beaucoup».
Sur la crise de la pêche, François Bayrou estime que l’Europe n’est pas en cause. Celle-ci cherche à protéger les espèces et à maintenir la vie dans les océans. Il déplore le ratissage des fonds océaniques pour des pêches qui servent à fabriquer les farines destinées à l’alimentation des poissons d’élevage.
En ce qui concerne le traité de Lisbonne : « C’est un traité à minima, il ne va pas favoriser la relance européenne. L’Europe est à repenser ».
A propos des OGM, c’est Jean Lassalle qui prend la parole pour déplorer une loi mal préparée et une politique entraînant la disparition des agriculteurs. « Il faut redonner la parole aux hommes. Tout reste à faire ».
Jean Lassalle a conclu par ces mots :
« Pour éviter la catastrophe, il faut un homme et un mouvement, avec une vision. » Et puis, il s’est retourné vers son ami de toujours...
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